Histoire
Le personnage du clown est apparu dans le monde du spectacle, sous cette appellation générique, bien avant la naissance du cirque, en 1580 dans les comédies anglaises avant Shakespeare. On en trouve dans les comédies de Shakespeare, parfois sous la traduction de "rustre" ou "paysan".
Racines
Le théâtre comique a trois racines différentes :
• la Commedia Dell’Arte, où la situation théâtrale est poussée à l’extrême
• le Bouffon, où le fou vivant aux marges de l’humanité se moque des hommes et de la société
• et le Clown qui, habillé par le dérisoire de sa personne, est lui-même l’objet du rire.
Après le cirque … le théâtre, le cinéma
Depuis longtemps les clowns ont quitté le cirque pour la scène ou le cinéma :
• Buster KEATON est dépassé par les évènements, les gens, les éléments naturels
• Charlie CHAPLIN est le “petit fils” d’Arlequin, qui ferait tout pour un morceau de pain
• Laurel et Hardy sont l’archétype du duo clownesque : le tragique de leurs différences génère des situations comiques
• George KARL qui en essayant par exemple de placer un micro sur un pied devient un virtuose de la maladresse
• Raymond DEVOS, le clown des mots
• Jacques TATI, le clown observateur des comportements humains
• Woody ALLEN, le clown « psy »...
Etre ou ne pas être… ???
Faire ou ne pas faire le clown, c’est aujourd’hui la question ? C’est si bon de provoquer le rire chez l’autre, encore mieux d’apprendre à rire de soi, de se découvrir en jouant. Le Clown de Théâtre n'est pas un Clown de Cirque. Il va au-delà des effets attendus et ne s'adresse pas uniquement qu'aux enfants.
Entre la personne et le personnage
Le clown surgit dans cet entre-deux où quelque chose nous échappe, nous surprend et déclenche alors le rire. Le Clown correspond à notre être sensible, ouvert, émotionnel qui cherche à partager, à vivre intensément la vie. Il se permet de vivre toutes ses émotions en respectant l'autre. Le nez de clown nous autorise à vivre pleinement et à être nous-même. Le Clown nous apprend à lâcher prise, à laisser émerger les émotions, à être créatifs, à déjouer nos peurs et nos jugements. Il transforme nos imperfections en véritables atouts et nous libère du regard de l'autre.
Etre dans le présent
Tout se joue dans l’ici et maintenant, dans la relation entre lui et ses partenaires, entre lui et le public. Il n’y a pas de passé ni de futur. Le primordial, c’est la situation actuelle, ici et maintenant sur la scène qui a tout moment peut permettre l’inattendu, la rupture qui nous sort de l’histoire prévisible.
Dire « OUI »
D’abord dire « OUI » à ce qu’il ressent, accepter totalement l’univers qui se présente à lui par ses partenaires et son public. C’est un « oui de construction » qui va permettre l’émergence d’une relation, d’une forme porteuse de sens et d’énergie. Ceci étant posé, le « non » peut alors advenir et renforcer le jeu quand justement ce n’est pas du refus de jeu. C’est-à-dire, quand les partenaires sont suffisamment en accord pour jouer le désaccord, la tension riche de rebondissement.
Regard public
Contrairement au comédien qui reste dans la bulle théâtrale, dans l’histoire, le clown est en présence du public qui le ramène à lui-même, ici et maintenant, même si son imaginaire le porte à mille lieux de là. Il reprend bien vite contact avec le public avec lequel il est complice. Il le prend à témoin de ce qu’il lui arrive. Cette relation est espace de don mutuel, d’échange d’énergie.
G. FUSETTI a dit du clown théâtre
Le clown arrive là où le comédien accepte ce qu’il est, sans plus s’accrocher à la volonté de réussir. En se laissant tomber dans le bide, il touche l’état de grâce qui origine le clown.